Pour cette deuxième édition organisée en collaboration avec l’OVSA* et l’AMOPA, Christian Lelièvre, champion de France d’orthographe, avait travaillé sur le thème “Marivaux ou la métaphysique du coeur”.
Un très joli texte, conçu avec le plus grand soin bien sûr, mais aussi avec la ferme intention de piéger les participants. Une vingtaine d’inscriptions ont dû être refusées car la salle ne pouvait malheureusement contenir que 70 personnes. Nous nous réjouissons bien entendu d’un tel engouement pour notre belle langue française que nous, membres du club Richelieu, continuons de promouvoir.
Rendez-vous est pris pour la troisième édition l’an prochain et nous avons déjà reçu des inscriptions !
R/Annie Spratbrow.
*OVSA (Organisme Valenciennois des Séniors Actifs)


La dictée
Marivaux est, sans nulle conteste, le seul philosophe qui aura su comprendre et peindre les femmes avec des mots fascinants, provocateurs, exigeants, qui procurent des délices inouïes. Jamais analyse plus fine et plus subtile du coeur et des passions ne sera exprimée avec autant d’élégance et de délicatesse. Marivaux refuse la sentimentalité commode. Il traite avec habileté la mystérieuse rencontre du désir et de la tendresse.
Né le 4 février 1688 à Paris, il est le fils d’un famille de la petite noblesse. Son père a une charge honorable mais assez modeste. Comme Montesquieu, Voltaire et Diderot, il participe à l’esprit du Siècle des lumières et en incarne les idéaux. Il a placé son oeuvre sous le signe d’un nouvel humanisme qui croit aux mots : progrès et bonheur. Il surgit à la fin d’un siècle dominé par l’empreinte immarcescible laissée par Corneille et Racine. Il écrivait pour son agrément personnel, pour se divertir et amuser les spectateurs friands de ses pièces de théâtre, bien loin des drames satyriques grecs, pièces tragicomiques issue du culte dionysiaque.
Fin de la dictée pour les amateurs
Au-delà des trames aléatoires, il observe et juge sans méchanceté les hommes et la société de son temps. Il raconte des histoires romanesques et fait vivre des personnages hauts en couleur troublés par les amours qu’ils ont entre-tissées. Loin des appas de la gloire et des fastes officiels, Marivaux se déplace avec aisance parmi les situations inattendues, les dialogues amoureux, l’amour timide, intime, sans jamais s’écarter d’une morale synonyme d’ascension sociale. C’est ce qui fera le succès de son théâtre : la conversation et les répliques vives, les phrases ciselées, élégantes, raffinées. Les comédiens, issus de la commedia dell’arte, abuseront des pantalonnades burlesques et des zanis croches. Simple, discret, Marivaux n’aimait pas côtoyer les gouailleurs aux manières si viles et canailles. Il condamnait les faux dévots et les canailles. Il combattait les fats-nés par ce qu’ils ont d’artificiel.
Le romancier, le journaliste et le dramaturge nous enseigne le naturel et la sincérité. Il nous invite à un voyage au monde vrai : de ce legs entier, serons-nous nous montrer dignes ?


